Pétition

Pourquoi dire NON à la Ligne Nouvelle Paris-Normandie ?

Morainvilliers-Bures dit non à la Ligne Nouvelle Paris-Normandie

Fabienne DEVEZE, Maire de Morainvilliers-Bures :
Dans le numéro 16 du Mag, j’avais rapidement évoqué le sujet de la LNPN et avais promis de vous tenir largement informés dès que nous disposerions d’informations plus claires et plus complètes. Je vous propose donc de prendre connaissance du dossier suivant.

Que contient le projet de LNPN ?
Objectif général :
Sur le site consacré à ce sujet, vous pourrez lire que :
« La LNPN, pour “Ligne Nouvelle Paris-Normandie» vise à doter progressivement les territoires de la vallée de la Seine de liaisons ferroviaires performantes sur les axes Paris – Mantes-la-Jolie – Rouen – Le Havre, et Paris – Mantes-la-Jolie – Évreux – Caen – Cherbourg. La mise en service de ces nouvelles infrastructures améliorera significativement le transport des voyageurs et facilitera le transport de marchandises. »
Le projet a donc pour objectif affiché, d’améliorer le transport en vallée de Seine au sens très large du terme c’est-à-dire de Paris jusqu’au Havre, tant pour les voyageurs que pour les marchandises avec le fret. Le port du Havre devait devenir disait-on le port de Paris.

Le projet consiste donc à créer une ligne nouvelle sur laquelle ne passeraient que les trains directs pour la Normandie. Pendant longtemps, cette nouvelle ligne devait avoir un 1er arrêt à Mantes mais ces derniers mois, au comité de pilotage du projet, l’arrêt à Mantes a été très clairement écarté pour éviter toute perte de temps aux trains normands.

Le tracé de cette nouvelle ligne serait en souterrain sur les 20 kms de Paris jusqu’à Orgeval ou Villennes-sur-Seine. Puis en aérien, aérien pouvant signifier, en remblai, en tranchée voire en tranchée couverte.
Si le souterrain est une solution plus séduisante, il nécessite néanmoins des cheminées d’aération et l’aménagement lié à la sortie du souterrain ainsi qu’à l’évacuation des millions de tonnes de déblais de terre extraites.

Les dénivelés de cette nouvelle voie ne permettront manifestement pas d’y faire circuler les trains de fret. Ils circuleront donc toujours sur les voies actuelles de la ligne E.

Le projet nécessite aussi un aménagement spécifique dit « saut-de-mouton » qui consiste à créer un pont vers Nanterre / Clichy (dans l’avant gare de St Lazare) pour décroiser des lignes qui actuellement se croisent. Concrètement, un pont serait construit. Des lignes passeraient dessous et les autres dessus leur permettant de ne plus se croiser. L’objectif là aussi est de privatiser certains quais de la gare St Lazare au profit des trains normands.

Voilà pour les grandes lignes.

Plus précisément, dans notre environnement proche, le souterrain devrait sortir :

  • Soit, dans une hypothèse ligne sud, sur le site de Novotel / Art de Vivre à Orgeval,
  • Soit, dans une hypothèse ligne Nord, au bord de l’A13 et du golf de Villennes-sur-Seine.

Et encore plus proche, la LNPN devrait passer sur le territoire de Morainvilliers le long de l’aire de repos de l’autoroute, sur Dépann’ 2000.

Pour les habitants de Morainvilliers et Bures, la proximité immédiate des maisons riveraines rend totalement insoutenable ce projet en termes de pollution visuelle et sonore. Vous comprenez pourquoi, je me suis à plusieurs reprises exprimée farouchement contre ce projet. Néanmoins, on pourrait nous objecter qu’il ne s’agit que d’un intérêt local et que l’intérêt supérieur de l’Etat et de l’aménagement du territoire est primordial.

Donc, si nous voulons être efficace, l’argument de la protection de notre qualité de vie, certes essentiel pour nous, ne doit pas être le seul que nous devons soulever. Or, les raisons de s’opposer à ce projet sont nombreuses.

Nuisances de bruit : Au niveau local, le projet passe bien sûr sous nos fenêtres, mais il y aura des répercutions aussi dans le fonds de la Vallée de la Seine en général. Tous les habitants situés sur les coteaux de la Vallée de Seine bénéficieront généreusement de la nuisance de bruit. C’est vrai pour Bures, pour Morainvilliers, pour les hauts d’Orgeval et de Villennes-sur-Seine, pour Ecquevilly, Bouafle, Chapet
et toutes les communes plus à l’ouest.

Destruction des emplois existants et à venir : Existants si l’on considère toutes les entreprises impactées situées sur le fuseau de passage dans la zone d’activité d’Orgeval, à Morainvilliers, à Flins, Aubergenville, Mézières, Epône, etc. Mais le projet bloque aussi, pendant une période indéterminée, tous les projets
d’implantation situés sur les différentes hypothèses de passage de la ligne.

La LNPN ne conditionne pas le fonctionnement d’Eole : Pendant longtemps, la réalisation de cette Nouvelle Ligne Paris Normandie fut présentée comme la condition sine qua non pour améliorer le cadencement et la ponctualité des trains de la ligne Eole puisque des trains de banlieue et des trains directs circulent sur les mêmes voies. Mais le fait que les sillons libérés par les trains normands soient utilisés par les trains destinés au fret, montre qu’il n’en est rien. De plus, le fait d’utiliser les sillons libérés pour le fret ne permettra pas de les utiliser pour renforcer l’offre voyageurs alors que l’Etat prévoit encore des augmentations de population.

La LNPN ne résout pas la problématique du fret : En empruntant les lignes actuelles, le développement potentiel du fret n’est pas assuré et risquerait, comme exprimé plus haut, de monopoliser des sillons utilisables pour le transport voyageur. La LNPN ne transforme pas le Havre en « Port de Paris ».

Consommation de terres agricoles, d’espaces naturels et fragilisation des champs captants : La LNPN consommerait un grand nombre d’espaces agricoles, naturels et forestiers et traverserait les champs captant protégés d’Aubergenville alors qu’il s’agit d’une réserve en eau essentielle à notre approvisionnement. Le tracé impacterait lourdement le territoire en termes de biodiversité (coupure de corridor écologique) et d’artificialisation des sols.

Un projet au coût exorbitant : La LNPN constitue une dépense disproportionnée par rapport au gain de temps et au nombre de voyageurs transportés. Depuis 2004, ce projet a été étudié puis abandonné à 3 reprises du fait de son coût dispendieux. En 2017, il était évalué à 4.17milliards d’euros. Aujourd’hui, on parle plutôt de 10 à 15 milliards d’euros. C’est un investissement que l’économie française ne peut se permettre alors que le gouvernement recherche des économies incontournables. On constate aussi que SNCF Réseau évoque très souvent la fermeture de lignes non rentables. Qu’en sera-t-il d’une ligne dont les trains ne sont pas pleins au-delà de Mantes-la-Jolie ?

Pour toutes ces raisons nationales et locales, le conseil municipal, les maires des communes voisines et la communauté Urbaine GPSEO ont décidé de dire NON à la LNPN.

  • Nous alertons donc le grand public par des messages sur la voie publique.
  • Des réunions publiques étaient prévues par la SNCF mais elles ont toutes été annulées avec le calendrier électoral bouleversé. Si elles étaient reprogrammées, nous y participerions pour manifester notre opposition.
  • Nous avons voté une motion de censure au conseil municipal du 18 juin 2024.
  • Une motion d’opposition au projet a été présentée en conseil communautaire le 27 juin 2024.

GPS&O entre en résistance contre la Ligne Nouvelle Paris-Normandie
Lire l’article de GPS&O